Italo Cavino -Yan
Nascimbene
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| Depuis
quinze ans, sans vraiment envisager que ce
rêve puisse un jour se réaliser,
j'imaginais d'illustrer l'oeuvre d' Italo
Calvino. Une partie (superficielle, je dois
dire) de mon intérêt pour cet auteur
réside dans une série de coïncidences
géographiques et culturelles: Italo Calvino
a été élevé à San Remo où j'ai
moi-même passé de nombreux étés, puis
s'est transféré à Turin pour y faire ses
études et où il a travaillé comme auteur
et éditeur pour Einaudi, la ville d'origine
de mon père où j'ai moi-même passé une
grande partie de mon enfance. Plus tard,
Calvino se transfère à Rome où j'ai suivi
moi-même ma dernière année de lycée et
où je retournerai vivre deux ans avec ma
femme, Joan Parazette. (Bien que cela ne
soit jamais mentionné et n'ait pas grande
importance, il est clair que la pluspart des
récits d' "Aventures" se situent
à Turin, de même que "Palomar"
se situe à Rome. Par ailleurs, le cadre du
"Baron Perché" évoque la Ligurie
du 18ème siècle, la région-même où se
situe San Remo). Cependant mon intérêt pour les récits d'Italo Calvino est plus profondément ancré dans mon identification à la forme et au sujet: Le travail de Calvino est ciselé avec soin et précision; il évoque autant une rigueur mathématique et géométrique que le travail méticuleux et raffiné d'un orfèvre. Tout est limpide, net, essentiel, sans que jamais soient altérés la brillance et l'humour de l'auteur. Italo Calvino est un voyeur, ou, si l'on préfère, un observateur attentif. Les super-héros et aventures ne l'intéressent pas (Le titre français "Aventures" est ironique tout comme "Gli amori difficili", "Les amours difficiles"). Il leur préfère des personnages de tous les jours, vivant leurs vies de tous les jours qu'il place dans des situations données, souvent communes, et les regarde évoluer, lutter, se débattre, gagner et perdre, il les regarde vivre. En tant qu'illustrateur, je choisis de me tenir en retrait. Calvino observe et je reste caché dans son ombre. Cette discrétion de ma part n'est pas seulement une marque de respect et d'admiration mais une nécessité: Ces récits sont en grande partie des auto-portraits finement ciselés, principalement en ce qui concerne "Palomar" et "Le baron perché"; comment pourrais-je les barbouiller de gros traits de pinceau?! Après avoir reçu son exemplaire illustré de "Aventures" (Seuil, 2001), Esther Calvino, la veuve de l'auteur, m'a envoyé la lettre suivante: "Votre interprétation graphique d'"Aventures" est une merveille de délicatesse et de sensibilité. Je pense que mon mari aurait été d'accord avec moi; lui aussi aurait apprécié ce "understatement" constant dans votre travail". La Society of Illustrators de New York a décerné une médaille d'argent à "Aventures". Le jour précédant le lancement officiel de "Aventures" au Centre Culturel Italien à Paris, j'ai eu le plaisir de passer une après-midi en compagnie de Esther Calvino qui, répondant à ma requête, m'a offert d'illustrer "Palomar". Grâce au soutien continu de Madame Calvino, j'ai récemment terminé d'illustrer "Le Baron perché" (parution prévue au Seuil en Octobre 2005). Il serait absurde de ma part de prétendre enrichir de mes images les récits d'Italo Calvino. J'espère cependant qu'elles pousseront certains à découvrir son merveilleux univers. Yan Nascimbene Pour de plus amples renseignements sur Italo Calvino, veuillez consulter: www.matisse.lettres.free.fr/rubriquecursives/calvino/lienscalvino.htm |